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SUJET : Les Lames du Cardinal

Les Lames du Cardinal le 21 Avril 2016 à 12:37 #6946

- Je te le redis une dernière fois, expliqua Talber sur un ton des plus ferme, tu ne parles pas de dragon, tu ne parles pas de Marie-Agnès de Vaudreuil et SURTOUT tu ne cherches pas à négocier ou discuter avec la Mère Supérieure.
- Mais oui, mais oui, répondit Arnaut d’un air faussement innocent, je sais faire preuve de convenance.
- Dans le beau monde peut-être, fit Talber amer, mais vis-à-vis d’une autorité religieuse j’en doute fort.
Voilà maintenant une heure que les deux hommes patientaient dans une antichambre de l’Enclos du Temple. Ils avaient apportés un coffre contenant la pierre de Bohème pour l’échanger avec la pierre en place. Jusqu’à l’enquête des Lames, le Temple ne croyait pas avoir perdu sa pierre de Bohème originale ; et il avait peu apprécié d’apprendre plus tard que la pierre factice était porteur d’un sortilège de ranse. Mais le courrier du Cardinal et l’examen de Monsieur Tessier avait, semble-t-il, dissipé le malaise.
Si Arnaut ne voyait qu’une occasion de pénétrer enfin dans l’édifice de l’ordre de Saint George ; pour Talber l’endroit lui rappelait des souvenirs bien plus poignant : bons et mauvais.
La porte finie par s’ouvrir, et un garde noir fit entrer les deux hommes dans un bureau. La pièce était austère, mais le mobilier d’une beau bois. La lumière baignait le bureau de multiples couleur, car la fenêtre était couverte d’un vitrail représentant une louve : une religieuse au voile blanc, avec des hautes bottes et une épée au côté.
Le garde noir sortit et ferma la porte, laissant les deux hommes fasse à une religieuse baissée sur son bureau en plein travail.
- Que nous vaut la visite de deux visiteurs, commença t’elle sans lever la tête de ses documents.
- Nous venons de la part du Cardinal, commença Arnaut, et…
Et s’arrêta net lorsque Talber lui donna un coup de coude dans les côtes, ce qui manqua de lui faire lâcher le coffre qu’il avait en main.
- Et ? Poursuivez. Incita la religieuse sans arrêter son œuvre.
- Et nous vous présentons nos respects ma Sœur, reprit Talber.
A ces mots, l’interlocutrice suspendit sa plume et leva la tête.
- Talber de Desbordes, commença t’elle a réciter, ex enseigne des Gardes Noirs de l’Enclos, survivant de l’attaque de l’Archéen et rare soldat de l’Ordre a l’avoir quitté, certes avec les honneurs, mais bien avant la retraite.
- Lui-même Sœur d’Aubrac, acquiesça l’ancien garde noir.
- On dit Mère d’Aubrac désormais, corrigea t’elle sans agressivité, mais je suppose qu’on vous l’avait déjà dit.
- Effectivement ma Mère, répondit Talber.
- C’est donc vous qui êtes venu faire cette enquête sur la pierre, déduit-elle.
- Et c’est moi qui vous restitue une pierre originelle, répondit-il.
Ce faisant il ouvrit le coffre, toujours porté par un Arnaut Frommentin presque vexé d’être à l’écart de la conversation, ce qui libéra une brillante lumière dans la pièce.
Après avoir contemplé l’éclat de la pierre, la sœur Châtelaine se leva et vint fermer le coffre. Puis elle fixa le porteur du coffre comme s’il n’était qu’un serviteur.
- Monsieur Arnaut Frommentin, salua ce dernier avec un petit sourire pour détendre l’atmosphère. Chevalier de Saint Gobain et … enchanté de faire votre connaissance … Ma Mère.
La Mère d’Aubrac le détailla un instant, semblant surprise qu’un Gentilhomme se fasse valet.
- Monsieur Frommentin est un compagnon, intervient Talber, et il est de ceux qui ont rendu possible le retour de votre pierre de Bohème.
- Et il est au service du Cardinal, coupa la Mère sans cesser de le détailler. Et quels sont vos services auprès du Cardinal, Monsieur Frommentin.
- Et bien Ma Mère, reprit l’intéressé avec assurance, je suis expert en négociation auprès d’interlocuteurs influents de France et d’Europe, en plus d’être expert dans la fabrication de verre pour le Roi de France.
- Fort bien, conclu la Mère d’Aubrac, puis ce que vous venez de la part du Cardinal, je n’ai donc pas m’inquiéter ni de vos compétences, ni de vos intentions. Je vais donc prendre ceci et la faire mettre à sa place dans la tour. Ce sera tout Messieurs ?
- Se sera tout Ma mère, répondirent ensemble Arnaut et Talber en la saluant.
- Merci Monsieur Frommentin, salua brièvement la religieuse en regagnant son bureau alors qu’un garde noir venait d’ouvrir la porte. Ex enseigne de Desbordes, bonne journée.
Les deux hommes sortirent et furent escortés jusqu’à la sortie, par un garde noir qui salua brièvement Talber.
- Et bien ça c’est bien passé, commença Arnaut en remontant en selle. Elle est un peu sévère, mais finalement elle l’a bien pris.
- Crois-tu vraiment, demanda Talber avec une pointe de scepticisme.
- Mais oui, assura le marchand ; d’ailleurs toi elle t’a à la bonne !
- Détrompes toi, le corrigea Talber en vérifiant sa selle. Elle est certainement de celles qui apprécient le moins ce qui est extérieur à l’Ordre, car elle est très proche de la Mère Supérieure Thérèse de Vaussambre et de sa politique ; elle est d’ailleurs en bonne place pour lui succéder à la tête de l’Ordre. Quant à son … attention à mon égard ; elle n’a fait que de me rappeler insidieusement mon départ de l’Ordre, qu’elle n’a dut guère apprécier.
- Tu vois c’est bien ce que je dis, poursuivit Frommentin avec assurance en avançant, elle regrette tes compétences ; et elle a reconnu les miennes.
- J’en doute fort, coupa Talber. Elle doit surtout regretter que je sois parti avec les honneurs alors qu’elle aurait préféré ne plus avoir affaire à moi. Quant à nos compétences, elle ne nous accorde le bénéfice du doute que parce que le Cardinal ne s’entoure pas d’incapable.
- Ce que tu peux être pessimiste parfois, bougonna faussement le Marchand. Allez rentrons.
  • Julien COLLIGNON
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Les Lames du Cardinal le 21 Avril 2016 à 12:37 #6947

Aux Messageries Gaget, un homme rondouillard entra dans un bureau, les bras chargés d’une pile documents divers. Il manqua de pousser un cri en découvrant un homme assis dans le fauteuil derrière le bureau, lorsqu’il posa l’amas de papier et retrouva un certain champ de vision.
- Bonjour Monsieur Gaget, commença chaleureusement Edmond Galieni en se levant du fauteuil. Mon ami et moi-même vous attendions, poursuivit-il en désignant Augustin Flamberge appuyé contre le mur et refermant la porte d’un petit coup de pied.
- Bonjour Messieurs, articula Urbain Gaget après quelques secondes d’étonnement. Ces manières sont des plus désagréables. Souhaitez-vous ma mort ?
- Oh que non Monsieur, reprit Augustin en l’invitant d’un geste à s’assoir sur son fauteuil. Mais nous ne souhaitons pas nécessairement ébruiter inutilement l’affaire qui nous amène.
- Quelle est-elle ? interrogea à nouveau Gaget inquiet. Et que puis-je pour vous ?
- Ceci, fit Edmond en ouvrant un coffre posé prêt du bureau.
La petite pièce fut instantanément remplit d’une brillante lumière émanant de la pierre de Bohème contenue dans le coffre.
- Ceci vous revient, poursuivit Edmond, avec les salutations du Cardinal.
Urbain Gaget, après avoir été brièvement éblouis, contempla la pierre avec émerveillement ; jusqu’à ce qu’Edmond referme le coffre d’un coup de pied.
- Merci beaucoup Messieurs, reprit-il chaleureusement. Je vais enfin pouvoir retirer cette pitoyable lampe qui me coûte un prix fou en huile, et qui éclaire bien mal mes vyverniers.
- Assurément, répondit Augustin d’une voix blanche. Nous vous souhaitons une bonne journée, vous laissant à vos affaires. Et nous ne manquerons pas de vous solliciter au besoin.
Le sourire d’Urbain s’atténua immédiatement à cette tirade, et il salua les deux hommes qui quittaient son bureau.
- Pourquoi lui as-tu joué le rôle du grand ténébreux ? demanda Edmond à son compagnon une fois dans la rue.
- Urbain Gaget est un homme riche, expliqua Augustin, grâce à l’ordonnance royale qui lui donne un quasi-monopole que la messagerie par dragonnet et les services de courriers par vyverne.
- Et donc ? interrogea le Gentilhomme en montant en selle.
- Et donc, reprit l’agent du Châtelet, il est bon de lui rappeler régulièrement que tout cela à pour prix sa collaboration gracieuse et discrète avec le Cardinal. Et que l’appât du gain ne l’incite pas à des associations douteuses ; on ne peut servir loyalement plusieurs maîtres.
- C’est pourtant bien ton cas, le coupa Edmond, tu as le Châtelet et les Lames.
- Moi, c’est un peu différent, répondit Augustin avec un sourire en coin.
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Les Lames du Cardinal le 21 Avril 2016 à 12:38 #6948

Antoine Pèlerin et Hubert Petitbois quittaient le Palais Cardinal peu avant midi. Ils venaient de remettre au Capitaine de la Garde du Cardinal, la nouvelle pierre de Bohème qui devait retrouver sa place sur la toiture du bâtiment.
L’accueil entre les deux hommes et l’officier fut des plus sobres, mais néanmoins respectueux ; chacun sachant que l’autre travaillant pour le même maître, sans en connaître complément les missions.
- Puis ce que la mission est accomplie, commença Hubert en marchant dans la rue, que dirais tu d’aller manger un morceau ; je connais justement une auberge pas très loin qui…
- … Désolé, coupa Antoine, il me faut rentrer au plus vite à Chevry.
- Quoi ! Maintenant ? S’étonna l’ancien soldat. Sans prendre le temps de te remplir l’estomac.
- Oui, maintien le médecin, j’ai une préparation qui réclame mon attention de toute urgence.
- Une préparation ! Et elle est sensé soigner quoi ?
- Si je réussi mon expérience, poursuit le médecin avec une pointe d’excitation, elle devrait soigner des blessures des plus graves.
- Comme ça, par magie ! Fit le vétéran mi enthousiasme mi septique.
- Non, pas par magie, corrigea le scientifique, encore que la question peut être posée.
- Tu vas arrêter de tourné autour du pot, rouspéta Hubert, et enfin m’expliquer pourquoi je devrais sauter un repas.
- Premièrement, commença Antoine des plus sérieux, je ne t’ai pas demandé de m’accompagner et donc de te priver de repas. Deuxièmement, cette préparation est un dérivé de la potion qui a servie à sauver Talber ; et devant son efficacité il est primordial que j’essaye de la reproduire. Enfin troisièmement, les quelques infos que j’ai pu obtenir implique l’utilisation d’ingrédient rare, coûteux et fragile, que je ne souhaite en aucun cas gâcher.
- Ca va, ça va, j’ai compris, fit alors Petitbois, je t’accompagne pour voir cette potion miraculeuse. Mais c’est quoi ton ingrédient si précieux ?
- Une glande de drac noir macérée dans de la jusquiame dorée, répondit Pèlerin sans détour.
- Tu es sérieux !!! S’écria Hubert, manquant de perdre son flegme habituel. De la jusquiame et un … morceau de drac.
- Très sérieux, poursuivit Antoine tout en hâtant le pas. J’ai échangé avec Charlotte sur le reste de la potion apporté par Marciac pour Talber, et d’après les infos qu’elle a obtenu auprès de Maître Tessier, certains organes de drac ont des propriétés médicinales : comme les glandes de dracs noirs qui sont de puissants stimulants. Certains organes de dragons auraient des propriétés similaires, voir plus puissantes, mais présente aussi un risque important de contracter la ranse.
- Mouai, fit le soldat plus réticent, c’est remplacer la fièvre par la peste.
- Effectivement, confirma l’apprenti alchimiste, et c’est donc pourquoi l’anatomie drac est moins dangereuse.
- Et pour la jusquiame ! Intervient l’homme d’arme. Tu crois qu’il n’y a aucun risque ?
- Il y a toujours un risque, avoua l’homme de science, mais la jusquiame dorée est aussi une substance puissante développant et renforçant le potentiel de celui qui l’a consomme.
- Ca pour renforcer, fit Hubert en levant les yeux au ciel, elle renforce bien … les dragons !!!
- Et les hommes aussi, acquiesça Antoine, même si elle leur fait également perdre la tête à une certaine dose. C’est pourquoi je ne fais que macérer la glande dedans, plutôt que d’utiliser de la jusquiame pure dans la potion.
- Et où as-tu appris tout ça ? Questionna subitement Hubert.
- Dans des notes qu’a laissé Eriol avant de partir pour la Picardie, avoua Antoine. Il étudiait la jusquiame, espérant même en faire pousser. Charlotte étudie les dragons, cherchant à percer leurs secrets et dangers…
- … Et toi tu exploites les deux, coupa Petitbois, pour en faire des remèdes de cheval.
- De l’alchimie médicinale, corrigea Pèlerin. De l’alchimie médicinale, mon cher ami.
- Si tu veux. Mais j’ai quelques petites trucs à t’apprendre sur les dracs.
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Les Lames du Cardinal le 21 Avril 2016 à 12:43 #6949

Voilà fin du récit.
J'espère que ça va déclencher pleins d'idées, de contacts et de roleplay !!!

En matière de partie, mes dates sont arrêtées.
Il s'agit des vendredis :
- 27 mai
- 10 juin
- 17 juin
- et 1 juillet
de quoi jouer de belles aventures.

Je mets les dates sur le CROM, et vous invites à me faire part de vos difficultés et/ou propositions concernant ces parties.
  • Julien COLLIGNON
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Les Lames du Cardinal le 12 Juin 2016 à 21:15 #7001

La dernière partie a eu son lot révélations et de cavalcades,
mais la suite s'annonce encore plus palpitante !!!

Chargés d'assurer la sécurité d'un convoi contenant la Reine, le Dauphin et la Mère Supérieure de l'Ordre de Saint Georges; les Lames ont quittés Paris pour une abbaye entre Chartres et Châteaudun.

Peu avant le départ, ils ont appris que les scélérats qui ont attaqués l'un des leurs, étaient commandité par un drac rouge ayant été en affaire avec Eloi Talensac: le frère ainé et détesté d'Edmond Gallieni, l'une des Lames du Cardinal.
Et ce même Eloi semble faire partie des assaillants qui ont tentés de stopper le convoi à la fin de la deuxième journée de voyage.

Réfugiés dans une abbaye occupée par des religieuses, comment les Lames vont-elle s'y prendre pour se sortir de ce mauvais pas.
La suite à la prochaine partie, et en attendant un petit post pour vous mettre dans l'ambiance.
  • Julien COLLIGNON
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Les Lames du Cardinal le 12 Juin 2016 à 21:15 #7002

Le portail de l’Abbaye de Notre Dame de l’Ouye était à peine ouvert qu’Edmond faisait s’engouffrer le carrosse par celui-ci jusqu’à la cour centrale. Charlotte, restée à l’extérieur observa quelques instants l’ennemi sortant et s’alignant à la lisière du bois. Elle dénombra plus d’une dizaine d’hommes, dont certains tenaient des chevaux par les rênes, et au moins autant de drac gris. Nulle trace des dracs ailés, mais un cavalier attira son attention. Son attitude était fière, voir arrogante, et il était accompagné par un homme à pied entièrement dissimulé dans un manteau à capuche. D’instinct Charlotte sentit, malgré la distance, que cet être mystérieux dégageait une aura particulière et inquiétante. Sans tourner le dos à l’ennemi, Charlotte rejoignit le portail et aida les sœurs du couvent à le fermer.
Tandis que Talber, aidé d’Antoine, descendait François d’Ombreuse de son cheval ; Edmond était déjà monté sur le toit d’un bâtiment en s’aidant du carrosse, afin de surveiller les mouvements adverses.
Blandine rassurait la Reine et le Dauphin alors que la Mère Supérieure de l’Ordre de Saint Georges, Thérèse de Vaussambre, sortie du carrosse l’épée au point, et la rengaina devant l’absence de danger imminent et l’approche des religieux.
- Ma Mère, salua une religieux à l’attention de Thérèse de Vaussambre, je suis la Mère Marie Jeanne responsable de ce lieu. Puisse notre abbaye être votre sanctuaire.
- Je vous en remercie Ma Mère, répondit la Supérieure de l’Ordre de Saint Georges, votre assistance et l’aide de Dieu sera du plus grand secours dans cette épreuve. Où pouvons-nous nous abriter et soigner nos blessés.
- Veuillez me suivre Ma Mère.

* * * * *

Le soleil commençait à disparaître à l’horizon, et bien que le convoi soit arrivé depuis moins d’une heure, personne n’avait chaumé devant la menace.

Dans une cellule de l’abbaye François se mettait assis avec difficulté.
- Vous devriez attendre encore un peu, lui conseilla Antoine, la balle qui vous a touché à la tête a heureusement été dévié par votre crâne au lieu de la traverser, mais la blessure n’est pas anodine.
- Merci docteur, répondit le chef des gardes noir avec sincérité en enfilant son baudrier, mais tu as que Dieu ne m’a pas rappelé à lui je me dois de protéger la Mère Supérieure et combattre les dragons et leur engeance.
- A votre guise Chevalier, fit Antoine avec détachement, mais puis je vous conseiller d’apporter votre contribution à la stratégie de notre défense… au moins le temps nécessaire pour cicatriser un peu avant de tirer à nouveau l’épée.
- Je suivrai votre conseil, déclara François en passant la porte, et merci encore.

Blandine frissonnait sur le toit de l’église, alors que l’humidité tombait avec le soleil. Mélusine aussi ne semblait pas apprécier l’atmosphère du soir et s’enroulait autour du cou de sa maîtresse.
- Rien de neuf, demanda Edmond en se hissant sur le toit.
- Non rien, admit Charlotte. Depuis qu’ils ont déployés des hommes un peu partout dans les zones abritées autour de l’abbaye, sans doute pour éviter notre fuite, ils ne se sont pas manifestés.
- Et pour Eloi, insista Edmond.
- Le chef cavalier ? Et bien si c’est ton frère, et qu’il t’aime autant que toi, il ne semble pas pressé de venir te chercher. Depuis que nous sommes rentrés dans l’abbaye, il a disparu dans la forêt et je ne l’ai pas revu.
- N’ai crainte il est là, assura Edmond en fixant les bois, il a toujours été tenace et il n’abandonnera pas.
- A t’entendre, le coupa Charlotte avec ironie, on a l’impression que c’est une affaire personnelle entre lui et toi.
- Je ne sais pas s’il est là pour moi, admit le Chevalier d’Alès, mais après ce qu’il a fait, se sera lui ou moi.
- Bon et ben en attendant cet heureux dénouement, fit la jeune lettrée avec sarcasme, je vais voir ce qui se dit en bas. Tâche de ne pas regarder que d’un côté, et de ne pas oublier le ciel ; aujourd’hui il semble qu’il n’y ai pas que les anges et les oiseaux qui occupent les cieux.

Le réfectoire résonnait des ordres de la Mère Supérieure de l’Ordre de Saint Georges.
- Arnaut, fit-elle dédaigneusement à l’attention du picard tenant le rôle de valet de coche, aller donc voir ce que contiennent les sous-sols de cette abbaye, vous y trouverez peut-être quelque chose d’utile.
- C'est-à-dire, commença à répondre l’intéressé.
- Croyez vous avoir du temps à perdre en bavardage, le coupa alors Thérèse de Vaussambre en lui lançant un regard d’une rare noirceur. Rendez-vous utile, car c’est votre rôle.
- Il suffit, intervient la Reine en entrant dans la pièce accompagnée par la Mère Supérieure des lieux et Blandine qui s’occupait du Dauphin. Cessez de fustiger ce pauvre homme qui est de nos protecteurs.
- Pardonnez moi votre Majesté, se reprit la Supérieure de l’Ordre de Saint Georges, mais la situation exige de la fermeté et de l’organisation ; ce que je m’emploie à déployer, et ce pour votre sécurité.
- Je n’en doute pas ma Mère, reprit la Reine d’une voix mal assurée devant l’autorité de son interlocutrice, mais je suis convaincue que Monsieur Formmentin va mener à bien ses recherches avec diligence.
- Je m’y emploie dès cet instant votre Majesté, répondit le picard en quittant la pièce avec une révérence pour la Souveraine, accompagné de la Mère Supérieure de l’abbaye comme guide.
Arnaut était bien trop content de s’éloigner de Thérèse de Vaussambre, qui n’avait cessé de lui commandé depuis un bon quart d’heure, et dont le caractère et l’aura d’autorité tenait plus du dragon que d’une humaine. Jamais il n’avait été aussi mal à l’aise avec une femme de pouvoir ; et il commençait à ce demandé si toutes les Châtelaines étaient aussi autoritaire et invivable, à l’image de leur chef.
- Votre Majesté, reprit Thérèse de Vaussambre, nous sommes face à une menace des plus sérieuse. Je ne sais à cette heure quel est le motif de cette attaque, mais je puis vous assurer qu’elle ne restera pas impunie.
- Pensons à notre sécurité avant d’en appeler à la justice, tenta de la convaincre la Reine.
- Votre sécurité est assurée Votre Majesté, assura la Supérieure de l’Ordre, mais pour ce faire je vous demanderai de ne pas vous exposer ainsi que le Dauphin et de me laisser gérer la situation.
- Vous en avez sans doute plus l’expérience que moi, acquiesça la Souveraine avant de se tourner vers le Dauphin et de chercher un peu de réconfort dans le regard de Blandine.
- Aller vous reposer Majesté, fit alors Thérèse, Madame de Vichenault va vous conduire à vos quartiers. Pendant ce temps je vais m’entretenir avec le Dauphin.
- Mais pourquoi cela, s’inquiéta la Reine subitement.
- Votre Majesté, répondit-elle en masquant assez mal son agacement, le Dauphin sera Roi un jour et en tant que tel il doit apprendre dès aujourd’hui à évaluer une situation, ce que je vais m’employer à faire.
- Sans doute mais pas ce soir Ma Mère, déclara Talber en entrant dans la salle accompagné de François Reynault d’Ombreuse, le front bandé. La Reine et le Dauphin doivent se reposer à l’abri, cet échange peut attendre, mais pas le conseil de guerre que nous devons faire ici et maintenant.
- Vous semblez bien directif ex enseigne de Desbordes, reprit Thérèse de Vaussambre d’un ton presque menaçant en se retournant. Vous semblez avoir oublié votre place depuis votre départ de l’Ordre.
- Nullement Ma Mère, reprit Talber avec autant d’assurance que possible, mais je me dois à la mission qui m’a été confiée ; à savoir protéger la Reine et le Dauphin.
- Si ma mémoire et bonne, rappela la haute religieuse, vous aviez également la mission de protéger quelqu’un il y a dix ans à Paris : La Mère Béatrice d’Aussaint. Cette Louve dont vous aviez la charge a été gravement blessée, au point de ne plus pouvoir tenir sa charge de Mère Supérieure de Saint Loup. Alors pourquoi vous écouterais-je aujourd’hui me donner des conseils pour protéger la Reine devant vos résultats ?
- Parce que je ce n’est pas moi qui vais déterminer notre stratégie de défense, déclara Talber, mais le Chevalier d’Ombreuse, votre garde du corps. Et que pour assurer votre défense et celle de la Reine, nous disposons des meilleurs hommes et femmes de Paris.
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Les Lames du Cardinal le 20 Juin 2016 à 09:49 #7012

La partie du 17 juin, bien qu'en effectif réduit, fut riche en grands moments.

Malgré le siège de l'Abbaye, les Lames ont réussi à tenir, et même mener des actions extra muros efficace (espionnage, demande de renfort).
La partie c'est conclue sur l'assaut final des dracs sur l'abbaye, dont je vous livre le récits des dernières minutes.

Au 1er juillet pour la conclusion de ce sénario riche en intrigues.

Bonne lecture
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Dernière édition: le 20 Juin 2016 à 09:50 par Julien COLLIGNON.
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Les Lames du Cardinal le 20 Juin 2016 à 09:50 #7013

Alors que la nuit touchait à sa fin, le flot d’ennemi franchissant le portail abattu de l’Abbaye de Notre Dame de l’Ouye se tarissait. Et si les dracs semblaient animés d’une rage surnaturelle, ils trouvaient face à eux une résistance farouche. Grâce à l’avertissement de Charlotte et de la Mère Supérieure de l’Ordre de Saint Georges, tous étaient sur le pied de guerre ; et s’attendaient à affronter une horde galvanisée. Les positions furent donc judicieusement choisies et fermement tenues.
La seule surprise fut la rupture brutale du portail, malgré les barricades ; ce dernier s’étant couché comme un arbre au premier choc et ayant ainsi servi de tremplin pour les dracs furieux.
Mais l’ennemi ne se contenta pas du portail principal, et quelques dracs ailés arrivèrent par le ciel. L’un fut défait par Antoine dans un angle du cloître, tandis que l’autre fut terrassé par Edmond sur le toit de la grange.

Par la suite l’essentiel du combat se déroula au sol non loin du portail. Edmond, Arnaut, Antoine, Talber et Charlotte ferraillaient avec dextérité au côté de François Reynault d’Ombreuse ; tandis que Blandine et Thérèse de Vaussambre s’étaient calfeutrées dans le réfectoire pour protéger la Reine et le Dauphin.
Les estocs succédaient aux coups de taille, et le sang foncé des dracs coulait largement alors que les humains encaissaient bien peu de coup. Etais-ce les prières des sœurs de l’abbaye étaient entendues, mais les Lames et le chef des Gardes Noirs semblaient portés par un soutien divin.
Alors que les hommes prenaient nettement l’avantage sur l’ennemi, Blandine, ayant achevé son adversaire, se précipita à l’intérieur du réfectoire.

Talber et Ombreuse tenaient leurs positions avec l’aisance des vétérans. Edmond, en soldat aguerri, traversait le champ de bataille en semant la mort sur son passage. Et Arnaut et Antoine, bien que plus au expérimentés aux combats de masse, ne déméritaient pas au combat démontrant, si besoin l’était, que l’habit ne fait pas le moine.
Et alors que le dernier dracs ayant franchi le portail touchait le sol, les premières lueurs de l’aube pointèrent à l’horizon. Le combat se terminait avec la nuit, et ils avaient tenus.

L’instant d’après, tous entendit un sifflement strident et intense venir du réfectoire.
  • Julien COLLIGNON
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Les Lames du Cardinal le 27 Juin 2016 à 18:13 #7019

Attention la partie du 01 juillet ne peut avoir lieux à la maison des associations, notre convention s'arrête en juin.
  • Nicolas SELLIER
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Les Lames du Cardinal le 28 Juin 2016 à 20:31 #7024

J'ai relu la convention et il y est écrit que la salle du foyer Saint-Vincent est à notre disposition jusqu'au 1er juillet mais je ne sais pas si celui-ci est inclus ou non. Quoi qu'il en soit la partie de vendredi est délocalisée dans l’hôtel particulier d'un des membres de notre équipe.

Pour ce qui est de la Maison des Associations, je crois qu'elle ferme un peu plus tard. Je vais me renseigner et si j'organiserais alors quelque chose samedi.
  • Dominique SIGNORET
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La chose la plus miséricordieuse dans ce monde est, à mon avis, l'incapacité de l'esprit humain à mettre en corrélation tout ce qu'il contient. Nous vivons sur un paisible îlot d'ignorance au milieu des mers noires de l'infini, et nous ne sommes pas nés pour accomplir de si lointains voyages....
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Les Lames du Cardinal le 29 Juin 2016 à 18:06 #7041

Bonjour,

Pour éviter tout souci, on a déjà prévu de délocaliser.
  • Olivier THORET
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Les Lames du Cardinal le 29 Juin 2016 à 18:35 #7042

Après renseignements la Maison des Associations sera fermée du 11 juillet au 13 août inclus. J'organiserais donc samedi prochain une petite partie de STAR MARX (voire le CROM).
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Dernière édition: le 29 Juin 2016 à 18:36 par Dominique SIGNORET.
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Les Lames du Cardinal le 30 Juin 2016 à 13:49 #7045

La salle du Foyer Saint-Vincent est encore ouvert Vendredi.

Vous y êtes donc les bienvenus
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Les Lames du Cardinal le 30 Juin 2016 à 15:37 #7046

Dominique, sais tu si la Maison des Associations est ouverte en semaine?
Si oui, quels jours et quels horaires? Et si un gardien est présent pour accéder aux casiers (je n'ai pas encore les clés)

Merci d'avance
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Les Lames du Cardinal le 16 Septembre 2016 à 02:50 #7148

Bonjour Julien,

Aurais-tu une date de prévu pour faire la suite car mon épée est entrain de rouiller :D
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Les Lames du Cardinal le 18 Septembre 2016 à 09:24 #7150

Salut à toi Olivier, ainsi que tout nos petits compagnons d'aventure.

Loin d'être mort, perdu sur une île déserte ou encore séquestré par je ne sais quel dragon et autres suppôt du Mal; je fais ma rentrée tardivement.

Dates prévisionnelles pour les prochaines parties: 30 septembre et 21 octobre.

J'ai cru comprendre que certaines lames allaient rouillées. J'espère que non car si vous n'avez pas la présence d'esprit d'entretenir votre matériel autant que vos réplique, il va falloir tout recommencer ;-)

Je créé les parties, et à très bientôt à tous.
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Les Lames du Cardinal le 18 Septembre 2016 à 20:43 #7151

Bonjour julien, sur le calendrier Je vois une partie prévu le 18 Septembre ?
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Les Lames du Cardinal le 19 Septembre 2016 à 07:37 #7152

Effectivement, j'ai créé par erreur une partie en doublon
... au 18 septembre !!!

Celle du 18 est supprimée, celle du 30 est bien affichée,
il n'y a plus qu'à s'inscrire.
  • Julien COLLIGNON
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Dernière édition: le 19 Septembre 2016 à 07:38 par Julien COLLIGNON.
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Les Lames du Cardinal le 22 Octobre 2016 à 20:51 #7186

Paris, 21 avril 1643
La nuit était claire et calme, et pourtant Arnaud de Laincourt était nerveux. Il est vrai que les nouvelles que ces Lames venaient de lui apporter en pleine nuit n’étaient guère réjouissantes : Le dragonnet du Cardinal était au main d’un dragon qui s’efforçait d’en pénétrer l’esprit, et ce même dragon tentait d’attendre l’esprit d’une de ces Lames par l’intermédiaire d’un dragonnet auquel elle était mystérieusement liée. Ce n’était qu’une question de temps avant que l’ennemi de découvre les secrets de feu le Cardinal de Richelieu, ainsi que nombre de ceux des Lames. Le pire était à venir.
- La situation est grave mais pas désespérée, fit le fantôme de Laincourt le coupant dans sa réflexion.
- Bien plus que je ne l’imaginais, admit le Capitaine assis sur son lit.
- Et que comptes tu faire, questionna l’ectoplasme.
- Rien de plus que leur faire confiance. Je viens de leur donner mon accord pour tenter une action terriblement risquée.
- A ça pour être risqué, c’est risqué, railla le spectre. Laissez une de tes Lames ouvrir son esprit à un dragon dans l’espoir de pénétrer l’esprit de ce même dragon ; c’est assez risqué.
- Ils m’ont proposés cette idée…
- … et tu l’as accepté !
- Oui, répondit Laincourt. Je me suis incliné non devant la folie de l’entreprise mais devant le courage nécessaire pour la mener à bien. N’es ce pas pour ça que nous servons le Cardinal et la France ? Pour aller jusqu’au bout !
- Quittes à ce que le Cardinal te châtie, demanda le fantôme. Je ne t’apprends rien, s’il vient à le savoir, tu risques au mieux une sévère réprimande et au pire la corde. Il serait sans doute le premier à te demander de « régler » cette menace immédiatement.
- Je ne sacrifierai pas un de mes hommes, s’exclama Laincourt d’une voix plus haute qu’il ne l’aurait voulu. Pas tant qu’il y a quelque chose à tenter. Je les ai trouvés, je les ai entrainés dans cette aventure et il est hors de question que je l’ai abandonne… même si je dois payer pour mes choix.
- Pour peu on croirait entendre le Capitaine Lafargue, fit le spectre avec un léger sourire. Tu peux les voir mourir, mais tu ne peux les trahir.
- C’est vrai, admit Laincourt en s’apaisant. Plus je porte son fardeau, plus je pense comme lui… et plus je m’attache à eux.
Un cri lointain et étouffé retentit alors dans la cheminée de la chambre du Capitaine.
- Et bien si tu t’attaches trop, tu risques de perdre beaucoup, déclara le spectre en se dissipant alors que Laincourt se précipitait hors de sa chambre.
Au loin, les cloches de Notre Dame commençaient à sonner minuit.

* * * *

La grande salle de réunion de l’hôtel de Chevry était envahie par les hurlements de Charlotte Néomaye. Alors qu’elle discutait avec Antoine, Blandine et Talber sur la conduite à tenir pour mener à bien leur plan, elle s’était brusquement effondrée au sol, en proie à des spasmes violents et hurlant à gorge déployée.
Les deux hommes s’étaient saisi d’elle et tentaient de contenir ses débattements, tandis que Blandine tentait de lui placer un manche de cuillière en bois dans la bouche entre deux hurlements.
La crise durait encore lorsque Laincourt, suivi de près par André, arrivèrent dans la pièce.
- Elle refait la même crise qu’en début de soirée, expliqua Antoine à l’attention de son supérieur, mais là c’est bien plus violent.
- Sait-on ce qu’elle a ? questionna Laincourt en craignant de comprendre ce qui se passait.
- Je pense que le dragon a réussi à franchir les défenses de Mélusine, supposa Talber, et qu’il est rentré dans son esprit. Ou pire, il est en train de la torturer en torturant Mélusine.
- Qu’es ce qu’à donner l’assistance que vous êtes allé réclamer, demanda Laincourt à l’attention de Blandine.
- Et bien, bredouilla t’elle, il n’y avait pas de solution au problème…
- … il n’y avait pas de solutions, ou il n’y a pas de solutions « idéales », la coupa Laincourt avec autorité.
- Dans tout les cas les solutions impliquaient de couper le lien avec le dragonnet, ce à quoi Charlotte se refusait catégoriquement, expliqua Blandine surprise du ton.
- Monsieur Pèlerin, votre pronostic quant aux chances de Mademoiselle Néomaye de survivre à un tel traitement, interrogea le Capitaine des Lames.
- Difficile à dire, ça dépend de…
- … votre pronostic, insista Laincourt.
- Honnêtement je n’en sais rien Monsieur, admit le médecin.
- Elle tiendra, intervient Talber. Elle peut tenir, et elle va tenir. Je suis pour respecter son choix.
- Vous êtes sûr de ça, demanda Laincourt en fixant le maître d’armes, ou vous voulez le croire.
- J’y crois, et ça me suffit, conclu l’ex garde noir.

Et l’instant d’après les hurlements de Charlotte cessèrent. Mais la malheureuse était toujours dans un état second ; en proie à de vives douleurs qui provoquaient des mouvements anarchiques, des spasmes violents, une respiration haletante et des rictus marqués du visage.

- Bien. Messieurs, commanda Laincourt, descendez là au sous-sol de l’hôtel Tubeuf par les réserves, et installez là au mieux dans une pièce vide et fermée, en lui bandant les yeux. Monsieur Pélerin, je compte sur vous pour la maintenir en vie.
- Je ferais au mieux, acquiesça le médecin.
- André, conduisez les et veillez à ce qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin, et fait un tour aux environs pour vous assurez que ce tapage n’a pas alerter de monde outre mesure.
- Bien Monsieur, répondit le majordome en devançant les hommes contenant autant que portant leur camarade.
- Madame de Vichenault, retourner sur l’heure auprès de votre soupirant et obtenez qu’il se présente avant l’aube avec une solution. Je vous autorise à révéler autant que nécessaire pour le convaincre. Vous vous présenterez à la porte de fer de la rue à adjacente avec cette clé, et vous descendrez l’escalier jusqu’au sous-sol où vous les trouverez. Veillez à être les plus discrets possible, et assurez vous qu’il n’en touchera mot à qui que ce soit.
- Très bien, répondit elle avec assurance, je pars à l’instant.
- Quant à moi, je vais vois Monsieur Tessier et m’assurer qu’il nous apporte tout son concours et sa discrétion dans cette affaire. Puissions nous tous voir l’aube se lever.
  • Julien COLLIGNON
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Les Lames du Cardinal le 22 Octobre 2016 à 20:53 #7187

- Monsieur Laincourt, tenta de se justifier Maître Tessier, je vous assure ne pas connaître d’autre moyen que de rompre se lien. Ne voyez vous pas le danger de cette situation !
- Je le vois très bien Monsieur Tessier, répondit Arnaud de Laincourt d’une voix qui se voulait calme mais sans appel, vous n’êtes pas sans savoir qu’il s’agit d’une membre de son groupe. Et il est de mon devoir de tout faire pour qu’elle s’en sorte.
- Croyez-moi, fit le maître de magie avec une pointe de tristesse dans la voix, je voudrais qu’il en soit autrement, mais je ne sais pas comment briser ce sortilège. Nous ne sommes pas en train de parler d’objet inerte dont il suffit de trouver la trame qui a servit à les enchanter pour le défaire, nous parlons d’un lien télépathique entre un humain et un dragonnet dont personne à ma connaissance n’a entendu parler, qui sert de conduit à une intrusion mentale ; oserai je même dire possession mentale.
- Je conviens que le sujet puisse être délicat, admit le Capitaine des Lames, mais n’avez-vous rien qui puisse l’aider dans ce cas.
- Selon moi, expliqua l’érudit, ou l’on coupe le lien entre elle et son dragonnet, ou il faut que ce lien soit inutilisable pour remonter jusqu’à elle.
- Et comment fait-on cela Monsieur ?
- Vous me demander de répondre à une question des plus complexes sans bases viables, se plaignait le lettré, comment voulez vous…
- Comment peut-on faire, insista l’agent du cardinal en osant le ton.
- En dehors de la faire dormir toute sa vie, je ne vois pas, lâcha Tessier acculé.
- Il suffit qu’elle dorme ? fit Laincourt surpris.
- Le peu que je connaisse sur la télépathie, expliqua le maître de magie avec beaucoup de précaution, implique que les esprits soient ouverts, et donc les participants conscients.
- Donc si elle dort…
- … L’ennemi ne peut théoriquement pas remonter jusqu’à elle, poursuivit l’érudit. Et le lien n’est pas affecté.
- Bien, fit Laincourt en tournant les talons.
- Mais vous de compter pas la faire dormir éternellement, s’inquiéta soudain le maître de magie.
- Éternellement, non, répondit Arnaud en ouvrant la porte sur la ruelle obscure. Mais suffisamment longtemps pour que l’on trouve ce dragon et l’élimine sans que ça nous coûte nos secrets et la vie d’une sœur d’arme.
Arnaud de Laincourt monta rapidement en selle, sous l’œil inquiet de Maître Tessier.
- Monsieur, fit le lettré alors que le cavalier s’apprêtait à s’élancer, faites au mieux pour la sauver.
- J’y compte bien, assura le chef des Lames. Et de votre côté, promettez moi votre absolue discrétion. Y compris en haut lieu.
- Je vous le promet Monsieur.
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