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SUJET : Les Lames du Cardinal

Re:Les Lames du Cardinal le 09 Octobre 2015 à 12:42 #6610

Olivier THORET écrit:
Ma vengeance sera terrible. J'espère que les CX se cacheront bien.

Se venger du Conseil des Dix ! En voilà une idée ambitieuse !!!
Mais l'audace n'est elle pas la marque des hommes et femmes d'exception !
Reste à savoir si la vengeance conduit à la gloire ou à la mort.
Nul doute que les épisodes à venir nous donnerons la réponse.

On peut se demander qui a le plus à perdre.
Les Lames en s'attaquant à si fort parti hors de France.
Ou le Conseil en s'attirant les foudres des Lames.
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Re:Les Lames du Cardinal le 18 Octobre 2015 à 18:09 #6626

Les Lames du Cardinal sont à Venise, et ce n'est pas pour faire du shopping !
Et pourtant on attends d'eux de ramener deux pierres de bohèmes et quelques secrets, le tout emballé dans des nouvelles de complot draconico vénisiens déjoué.
Bon courage.

Pour mener à bien cette quête hors de France; j'ai d'ores et déjà fixé deux nouvelles dates de parties en novembre (le 13 et le 27 novembre).
A vos rapières et vos répliques.
A bientôt.
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Re:Les Lames du Cardinal le 28 Octobre 2015 à 00:39 #6643

Bonsoir julien , Tout est prêt pour que ma vengeance soit implacable.
  • Olivier THORET
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Re:Les Lames du Cardinal le 02 Novembre 2015 à 20:36 #6652

L’acqua alta se retirait avec l’arrivée de l’aube ; ces brusques montées des eaux hivernales recouvraient régulièrement les ruelles et places de Venise le temps d’une marée.
A la fenêtre d’un bureau de sa villa, l’Intriguante observait le retrait des eaux et l’arrivée du soleil, lorsqu’elle entendit la voix de serviteurs visiblement désemparés. L’instant d’après un homme au visage couvert de bandage fit irruption malgré les protestations d’un majordome et deux femmes de chambres ; son unique œil visible semblait empli d’une haine infinie.
Avec calme et détachement, l’Intriguante se tourna vers le nouveau venu et leva une main pour congédier le personnel.
- Vous êtes déjà remis, commença t’elle doucement une fois les portes refermées.
- Remis, non ; mais décidé à en découdre OUI, dit son interlocuteur d’une voix contenue emplie de rage.
- Mon cher Phénicien, vous devriez vous estimer heureux, reprit elle en s’asseyant sur une banquette pourpre.
- Heureux ! Heureux de quoi au juste, vociféra l’homme. Heureux d’être défiguré ?! Heureux d’être humilié ?! Et plus encore, heureux d’être cloîtré ICI.
- Heureux d’être en vie, reprit son interlocutrice avec sévérité. Sans votre transformation vous seriez sans doute mort. Ne croyez vous pas que nos forces ne sont pas déjà assez entamées.
- J’en conviens, répondit-il en essayant de se calmer. Le Conseil a perdu deux membres en une nuit ; et pour autant que nous le sachions, il pourrait s’agir du même Assassin Au Masque de Verre.
- Le Conseil des Dix en est réduit à sept membres désormais, poursuivi t’elle avec un certain détachement tout en manipulant et observant avec attention une statuette d’une femme nue. Il est indéniable que nous sommes la cible d’une attaque et les troubles autour de nous comme à inquiéter Le Doge. Mais quoi qu’il en soit nous ne pouvons pas remettre nos projets.
- Vous voulez poursuivre maintenant, s’exclama l’homme blessé. Malgré l’ennemi et l’envoyé de la Première Loge.
- Plus que jamais, répondit-elle. Nous sommes trop prêts du but pour reculer ; et une fois atteint notre objectif nous assurera une certaine « immunité ».
- Mais comment allons nous faire, interrogea le Phénicien.
- Pour les détails, laissez-moi faire, reprit-elle d’une voix suave. Les préparatifs étant finis il ne me reste plus qu’à avancer les évènements et dans quelques jours au plus, tout sera réglé. En attendant rester ici, reposez vous, et faite vous oublier jusqu’au jour.
- Mais je tiens à retrouver l’infâme qui m’a meurtri, protesta à nouveau l’homme.
- Ne vous en faites pas, le rassura t’elle en lui prenant la et en plongeant son regard dans le sien. Je puis vous assurez que vous aurez très bientôt votre vengeance.
Restant un instant indécis par le geste et la tirage, il finit par faire un pas de retrait avant de la saluer en s’inclinant, puis il sortit calmement de la pièce.
L’Intriguante continua à fixer la porte que le Phénicien venait de refermer sur lui pendant une longue minute.
- Il nous faut les trouver, lança elle à haute voix tout en retournant devant la fenêtre. Je ne pense pas me tromper que l’Assassin Au Masque de Verre et les Lames nous laissent en paix longtemps.
- J’ai déjà mis plusieurs hommes à leur recherche, répondit une voix sifflante sortie de l’ombre. De plus le Doge a reçu leur signalement et ses gardes quadrilles la ville.
- En plein carnaval, il est peu probable qu’ils les arrêtent, poursuivit l’Intriguante sans faire attention à son interlocuteur qui sortait de derrière un lourd rideau sombre. Néanmoins ça devrait leur mettre des bâtons dans les roues le temps que le projet aboutisse.
- Et pour l’envoyé de Madrid ?
- Je vais lui assigner un guide qui s’aura l’orienter dans la bonne direction, et si besoin dans la tombe, dit-elle avec un léger sourire.
- Je vois, il en sera fait selon vos désirs, répondit homme en s’inclinant tout en restant dans l’ombre.
- Puis poser une question ? reprit l’agent de l’Intriguante après un instant.
- Faites donc, fit-elle d’un air faussement amusée comme si elle devait la question.
- Pourquoi ne pas avoir dit au Phénicien que vous pensiez que les assaillants du conseil étaient les Lames du Cardinal ?
- Parce qu’il serait devenu incontrôlable. La perte de son disciple des mains des Lames et le fait qu’il a été démasqué par ces mêmes Lames ont éveillé en lui une colère qui s’est de plus en plus muée en haine. Actuellement sa haine peut nous nuire, mais lorsque les Lames recroiseront notre route, car ils le feront, cette même haine sera la meilleure des armes pour les détruire.
- Je comprends, acquiesça t’il en disparaissant à nouveau derrière le rideau.
Restée seule, l’Intriguante continuait à observer l’extérieur un long moment. Lorsque les eaux se limitèrent enfin à la lagune, elle se détourna et déclara à voix basse :
« Préparons comme il se doit la visite du cher Comte d’Aranda José Ribeiro de Caravelos, »

* * * * *

Dans sa chambre, le Phénicien pestait de plus belle. Dans un excès de colère, il envoya une chaise se fracasser contre un mur et retourna une petite table devant laquelle il s’était installé ; répandant sur le sol une coupe vide et des cartes de tarot. Il fulminait à voix haute :
- J’ai réussi à dénicher cette vermine d’espion français et le faire parler pour connaître ce traitre de verrier, alors pourquoi je n’arrive pas à mettre la main sur mon infâme agresseur ?
Réduit à ne voir que d’un œil, peut-être définitivement ; il bouillait d’une rage sans borne devant l’outrage dont il était la victime. Il murmurait sa vengeance:
- Je vais le retrouver et lui faire endurer tout ce que j’ai fais endurer à l’espion étranger ; je briserai son corps. Ensuite je torturerai et tuerai ses compagnons devant lui, afin de briser son esprit. Et enfin lorsqu’il ne sera plus rien, je prendrai sa vie sous ma forme véritable.
Ces sombres pensées apaisèrent sa colère ; et un sourire mauvais se dessina sur son visage alors que son esprit s’emplissait de mille et unes pensées sanguinaires.
Il souriait encore lorsque l’on vint frapper à la porte. Il se rajusta en demandant qui venait le déranger.
- Madame vous fait parvenir une bouteille de sa cave personnelle, répondit voix tremblante d’une servante.
Il ouvrit alors la porte pour tomber sur une petite servante portant une bouteille de vin sur un plateau. A la vue du précieux breuvage, son regard s’emplit d’envie ; ce qui fit trembler la toute jeune domestique qui pensait être la cause du trouble apparent de son seigneur. Mais heureusement pour elle, il prit la bouteille et s’enferma à nouveau dans ses quartiers.

Plusieurs heures plus tard la bouteille contenant du vin de jusquiame trônait vide sur la table de chevet du Phénicien, tandis qu’il posait plusieurs cartes de tarot sur sa petite table de travail. Dans l’obscurité quasi complète de la pièce, seul s’entendait s respiration profonde mais calme, tandis que son visage trahissait une intense concentration.
Il n’avait plus rien à voir avec l’homme enragé qui s’en était pris au mobilier ; mais faisait plutôt penser à un artiste minutieux en plein œuvre.
« L’assassin sans visage, souffa t’il d’une voix à peine audible en posant une carte. Voilà pourquoi tu m’échappes. Mais ceci va peut-être m’aider, voyons. Ah, le guerrier immortel, voilà bien un trait que j’aime : l’égocentisme. »
Ouvrant les yeux, il contempla la série de carte qu’il avait réalisé, et les deux arcanes de cet étrange tarot qui était sorti. Il eut un petit sourire en déclarant doucement en caressant ses bandages :
« Je ne sais pas ton nom ni où tu te trouve pour l’instant, mais je sais qui tu es : un anonyme cherchant la gloire. Et très bientôt, nous nous retrouverons. Voyons ce que je peux apprendre sur tes compagnons. »
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Re:Les Lames du Cardinal le 02 Novembre 2015 à 20:44 #6653

Olivier THORET écrit:
Bonsoir julien , Tout est prêt pour que ma vengeance soit implacable.

En matière de vengeance je vois que tu as déjà commencé.
Mais le meilleur reste à venir.
A toi de voir si tu vas t'engager dans une quête de justice ou juste une boucherie.
Mais attention, tu ne vas probablement pas être le seul à chercher la vengeance.
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Les Lames du Cardinal le 08 Novembre 2015 à 09:38 #6658

Dans sa chambre, Arnault était énervé. Dans un excès de frustration, il donna des coups de poings dans le mur répandant sur le sol un peu sang.

Il se mit genoux à terre , sorti un objet qui appartenait à son ami d'enfance et commença à lui parlé.

- J’ai réussi a capturer un des membres du conseil des X et tu sais quoi elle est morte sans prévenir. Cette femme n'a pas divulgué le nom de ton assassin mais t'inquiète pas je le trouverait et je te l'envoie dans l'au dela pour que tu te venges.

Puis il se mit à murmurer à l'objet pour éviter que si on l'espionne , on puisse l'entendre.

-Sinon j'ai croisé annalisa, elle est très charmante et je veillerais le temps que je suis à Venise pour qu'il lui arrive rien sinon on a récupéré l'homme qui devrait te donner le secret des miroirs et c'est bon. Je ferait en sorte que ton nom ne soit pas oublié pour ta contribution dans la recherche de faire des miroirs.

Puis Arnault sorti de sa chambre et préviens ses collègues qu'il part boire un verre.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 22:57 #6662

Chers confrères et consœurs de jeu.
Je tenais à vous faire part de ma profonde satisfaction et de mon réel plaisir à jouer avec vous. Bien rare furent les groupes qui m’ont procuré autant de motivation pour animer une campagne de jeu de rôle. Votre implication dans vos personnages, vos styles dans la dynamique du jeu, jusqu’à vos divergences de points de vue (pleinement justifiés) dans le groupe, colle parfaitement au jeu et l’ambiance, n’en rendant que la partie plus riche et mémorable. J’espère que vous prenez autant de plaisir que moi à partager ces parties ; et je vous promets un final (musclé) et mémorable pour la conclusion de l’aventure lors de la prochaine partie.
En attendant bonne lecture des événements jusqu’à la prochaine aube.
A très bientôt. :)
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 22:59 #6663

Le soleil se couchait sur le port de Venise lorsque le capitaine Orlando se réveilla sous l’effet d’un seau d’eau froide. Ouvrant les yeux avec difficultés, il se sentant faible comme suite à une mauvaise fièvre, et le fait d’être trempé d’arrangeait rien à son état. Il nota enfin qu’il était dans une sorte d’entrepôt, sans doute près des docks au vu des marchandises, et pas seul : deux femmes et trois hommes, dont un avec un seau, se tenaient debout devant lui. Après une longue minute pour remettre ses idées en place, il se souvient d’avoir été abordé par une des femmes dans son bouge favori, mais tout était devenu flou après qu’elle l’ait embrassé. Se mettant péniblement assis il nota l’absence de ses armes et interpella la demoiselle de son souvenir.
« Et ben ma belle, c’est bien la première fois qu’une femme me sait un tel effet. Mais je ne suis pas preneur d’une partie fine à plusieurs ; à moins que ce ne soit que nous deux et ton amie là. »
- Cher Monsieur, reprit Charlotte sur un ton légèrement dédaigneux, j’ai bien peur qu’il ne s’agisse point d’une douce entrevue ; mais il ne tient qu’à vous qu’elle ne devienne pas trop Dure.
- Et qu’es ce qui me vaut l’honneur d’une telle attention, reprit-il en tentant de détendre sa nuque et ses épaules courbaturées. Des créanciers ? Des concurrents ? A moins que ce soit de riches maris jaloux, fit-il en désignant Arnaut.
- Rien ne tout ça. Mes compagnons et moi-même nous intéressons à un personne que vous avez du transporter de France jusqu’ici, et qui répondrait au nom du Phénicien.
- Le bras droit de l’Intrigante. Ou vous êtes complètement inconscients ou vous en avez dans le pantalon, dit-il en ricanant. Et qu’es ce que vous lui voulez ?
- On veut juste savoir qui il est et ou le trouver dans cette ville, coupa Arnaut sèchement.
- Et ben vous risquez d’être déçu mes p’tits amis, répondit le capitaine continuant ses gesticulations laborieuses. Je ne connais pas son nom « public » et encore moins où il résiste. Vous croyez vraiment qu’un membre du Conseil des Dix soit très bavard ou laisse se genre d’info se diffuser. Vous êtes vraiment très naïfs, conclu-t-il en crachant au sol.
- Quelque chose me dit que vous en savez plus que ça, reprit calmement Charlotte en se mettant accroupis devant le marin limité dans ses mouvements. Je ne doute pas que vous vous soyez bavard.
- Pour sûr ma p’tit dame, tout dépend du prix que voulez mettre.
- Votre vie devrait suffire, re coupa Arnaut agacé.
- Ma vie ne vaut pas grand-chose Monseigneur, dit il avec un rictus et en insistant sur le titre. Mais votre bourse elle doit valoir son pesant.
D’un geste vif Arnaut décrocha une bourse de sa ceinture et l’envoya dans un même mouvement en plein visage du sinistre marin se moquant. Ce dernier fut étourdit un instant avant de se tourner vers Arnaut avec un regard mi surpris mi agressif.
Le bruit d’une pièce tombant au sol attira à nouveau le regard du capitaine en direction de Charlotte qui, toujours à croupis, avait pris la bourse lancée par Arnaut et s’employait à la vider pièce par pièce sur le sol.
- Nous vous écoutons cher Monsieur.
- Le Phénicien travaille pour l’Intrigante une femme aussi puissante que mystérieuse. L’un comme l’autre inspirent frayeur et docilité à mes dracs lorsqu’ils sont là. Outre ma « respectable » entreprise de contrebande, je travaille ponctuellement pour eux, et j’en tire un bon prix et une certaine tranquillité. Dernièrement l’Intrigante m’a demandé de fournir un peu de main d’œuvre et de transporter un peu de matériel sur l’île de San Lazzare.
- Saint Lazare, humm ! Où se trouve t’elle et qu’a-t-elle de particulier cette île, questionna alors Antoine jusque là resté silencieux.
- L’île San Lazzare se trouve à l’extrémité de la lagune et accueille la ranserie de la cité, répondit le capitaine avec un sourire mauvais.
- C’est donc une prison pour des malades contagieux, reformula Antoine avec flegme.
- Un lieu sympathique, renchérit le capitaine qui commençait à reprendre un peu de poil de la bête. Je peux vous y déposer pour une belle somme, si vous voulez.
- Vous ne semblez pas craindre ce lieu de contamination, fit remarqué Antoine.
- Mes dracs y sont peu sensible en effet, répondit simplement le capitaine en essayant de se relever. Et peu de bateliers accepteront de s’en approcher.
Cueillit par la lame d’Edmond, qui venait s’apparaître sur sa gauche, le capitaine était désormais debout mais tenu en respect.
- Bien mon cher Monsieur, reprit Charlotte avec un calme sans faille qui masquait l’angoisse qui montait en elle au fur et à mesure que la lumière baissait. Vous allez empocher tout ça, et en contrepartie, vous nous informerez du prochain voyage que le Phénicien ou l’Intrigante sera sur cette île.
- Et où es ce que je vous contacte ?
- Vous irez au quai est du port et vous demanderez le second du Cerf Volant. Sommes nous d’accord ?
- Parfaitement ma p’tite dame. Rentrez bien, mais attention les rues ne sont pas sûres dans ce quartier.
- Ca devrait aller, répondit-elle. Et vous prenez soin de votre santé, pour un marin vous semblez manquez d’air frais.
Les Lames sortirent de l’entrepôt alors que le dernier rayon du soleil venait de disparaître derrière la lagune.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:00 #6664

- Tu nous expliques ton idée, interrogea Arnaut une fois les Lames hors du sinistre quartier du capitaine.
- Orlando travaille visiblement pour l’Intrigante et le Phénicien. Ils sont sans doute tout deux des dragons, et la ranse ne doit donc pas les affecter. Quel meilleur endroit pour eux, qu’une île de ransé pour mener à bien leurs plans : à la fois proche et tranquille. Si leur action a lieu prochainement, nul doute qu’ils demanderont au capitaine de les conduire, eux ou leurs effets.
- C’est bien gentil tout ça, reprit Arnaut, mais tu ne comptes pas aller là bas pour leur préparer un comité d’accueil ?
- J’y ai pensé, mais avec les risques de contamination de la « faune locale » mieux vaut y rester le moins longtemps possible. Y aller maintenant et les attendre savoir combien de temps peut présenter un risque important.
- Hors de question que je séjourne avec des « pestiférés » sur une île miteuse, coupa Arnaut.
- Même si ça te donne l’occasion d’occire la tête du Conseil des Dix, intervient Edmond.
Arnaut ne répondit rien, mais son silence valait toute les réponse.
- Et maintenant, demanda calmement Antoine.
- Maintenant on rentre, reprit Charlotte. Hubert va aller prévenir Roland de son nouveau rôle, en lui disant de se méfier, bien que je suis sûr qu’il connaît bien ce genre de personnage. Charlotte et Arnaut vont « s’inviter » à la soirée d’Annalisa pour l’avoir à l’œil et apprendre ce qu’ils peuvent. Antoine va finir son office avec Edmond ; il y a fort à parier que nous aurons à croiser le fer prochainement et dans ce cas il faudra être au mieux.
- Et toi, demanda Arnaut.
- Moi il fait que j’ai une discussion avec Talber. Il faut que l’on arrive à comprendre ce que le Conseil prépare avec cette histoire de sphère d’âme ; et j’espère que ses connaissances de Garde Noir me permettront d’y voir clair.
Après un trajet à travers les ruelles sombres et les festivaliers qui avaient repris leur place sitôt le soleil tombé, le groupe arriva enfin à l’auberge ; non s’en s’être plusieurs fois assuré qu’il n’était pas suivi.
- Tu as un seconde Charlotte, interpellèrent Hubert et Edmond une fois que le reste du groupe fut rentré. Pourquoi as-tu dit au capitaine de demander le second du Cerf Volant pour prendre contact avec Roland ? Ce n’est pas le nom du navire sur lequel nous sommes venu !
- Non, le Cerf Volant est le nom du navire corsaire sur lequel Roland a servit. D’après ce que j’ai compris le navire n’est plus en activité, et à la fin de sa carrière Roland en était le second.
Ça ne devrait parler à personne sauf à Roland, reprit elle après quelques secondes de pause ; et même si Orlando sait que le Cerf Volant a existé, il était considéré comme un bateau pirate ; et il a peut de chance qu’il vienne taquiner un ex pirate, vu qu’il doit son assurance à la protection du Conseil des Dix.
- Et tu sais tout ça comment, reprirent ses deux compagnons.
- Et bien, ça m’arrive de discuter avec Roland. A l’occasion il faudra que l’on discute également, dit elle avec son petit sourire avant de se retirer.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:01 #6665

José Ribeiro de Caravelos attendait dans une antichambre luxueuse chauffée par une cheminée. Toujours élégant et richement vêtu, l’arme au côté, il arborait sa moustache et son bouc argenté et avait même prévu son masque noir brodé d’un griffon dans une poche. Depuis la fenêtre il observait la foule des festivaliers vénitiens sur la place Saint Marc. Les messages de sécurité du Doge ainsi que le renforcement de la garde semblait avoir apaisée la populace secouée par les trois meurtres sinistres de cette dernière semaine. Après tout, le carnaval n’était pas le moment le plus sûr de l’année à Venise ; l’anonymat permettant bien des excès.
Il se retourna calmement et salua la maîtresse des lieux à son entrée. Cette dernière arborait d’une longue robe travaillée dans les tons verts, avec un corsage au décolleté carré mettant en évidence le haut de sa poitrine, elle-même en partie couverte d’un châle de soie de couleur pourpre. Sa coiffure était également travaillée et elle portait le masque blanc caractéristique à la main. Allant au devant de son visiteur, elle commença :
« Bien le bonsoir mon cher Comte, commença t’elle en lui rendant son salut. J’espère que vous passez une bonne soirée. »
- Assurément Madame, il ne fait aucun doute que les festivités de votre domaine sont des plus belles de la cité.
- J’espère que votre voyage depuis Madrid c’est bien passé. Avez-vous pris le temps de découvrir Venise Monsieur le Comte ? C’est une cité pleine de charmes et de surprises.
- Je n’en doute pas, et mon voyage c’est passé au mieux. Je n’ai guère pris le temps de visiter, je me languissais plutôt de notre entrevue… repoussée.
- J’en conviens Monsieur le Comte, fit l’Intrigante avec un air faussement gêné. Il était prévu que nous vous recevions lors de la soirée d’ouverture du carnaval ; mais vous êtes sans doute au courant des événements.
- J’ai appris que le Doge avait perdu deux de ses plus proches conseillers en quelques nuits, et qu’une noble a été retrouvée assassinée avec le symbole du Conseil sur le front. Dois je en conclure que la Loge vénitienne est menacée ?
- Rien que nous ne puissions régler rapidement, soyez en assuré Monsieur le Comte.
- Vous comprendrez aisément Madame que la Première Loge s’inquiète des troubles publics récents qui tournent autour de votre organisation, reprit le Comte avec calme et assurance.
- J’en conviens parfaitement Monsieur le Comte. Mais asseyez vous donc, reprit elle en lui désignant un fauteuil près de l’âtre, nous allons en discuter.
Le Comte ôta sa cape et s’installa sur le fauteuil à sa gauche et l’Intrigante elle prit un fauteuil qu’elle installa devant l’âtre face à lui. Dans cette position, elle était complètement dans la lumière, tandis que l’envoyé de Madrid.
Le Comte savait que malgré les apparences l’Intrigante avait une influence colossale à Venise, et malgré les propos très convenables qu’elle tenait, cette mise en lumière reflétait bien plus sa personnalité et sa position.
- Je vous en prie Madame, exposez moi la situation.
- Un ennemi, connu sous le nom du Masque de Verre, semble nous avoir déclarer une guerre farouche. Il use d’astuce, d’adresse et certainement de magie ; mais il est seul.
- Et de quelles actions contre vous le rendrez vous responsable ?
- Il s’est opposé à plusieurs de mes agents, dont mon second, à Venise et à Paris. Il ne fait aucun doute qu’il a surveillé le Palais du Doge, le pensant sans doute des nôtres, et a identifié plusieurs membres du Conseil avant de le les éliminer. J’ai donc suspendu les réunions du Conseil jusqu’à ce qu’il soit appréhendé.
- Et, sans indiscrétions, comment comptez vous procéder ?
- Nous avons déjà de nombreuses informations sur son signalement. Il porte une tenue de ransé, son masque est un véritable miroir et il serait légèrement abîmé, il manie une grande canne blanche et une dague en verre. De plus outre la garde qui le traque, mes propres ressources sont sur sa piste.
- Bien. Et toute cette histoire ne va-t-il pas avoir une influence sur l’image du Conseil… et son influence !
- Soyez parfaitement rassuré sur ce point. Le Doge nous est toujours entièrement dévoué, quand au Cardinal Lorenzo Pruilli, plus haute autorité religieuse de la cité, il est possible qu’il rejoigne bientôt le Conseil. Quant aux affaires courantes, quelques morts ne vont pas les perturber !!!
- A propos d’affaire courante, rebondit le Comte avec calme, la Loge s’interroge beaucoup sur vos dernières interrogations concernant un antique parchemin. En quoi un rituel de création de sphère d’âme peut il vous intéresser ?
L’Intrigante accusa le coup mais n’en laissa rien paraître ; elle reprit avec calme :
- Je m’intéresse aux fragments des arts occultes en ma possession. La magie est hors de toute compréhension humaine, mais pour nous autre elle est une part de son patrimoine ; et qui mieux que les Aînés de la Première Loge pour me guider dans cette quête. Ne croyez vous pas ?
- Il ne fait aucun doute qu’ils sont les seuls dignes de tels pouvoirs. Vous prétendez donc agir par « simple curiosité légitime ».
- Parfaitement, dit elle avec un sourire avant de se lever.
Elle se dirigea vers une petite table où se trouvait une belle bouteille de vin, et en versa le contenu dans deux verres qu’elle rapporta.
- Etes vous rassurez Monsieur le Comte, dit-elle en lui tendant un verre.
- Tout à fait, répondit l’émissaire de la Première Loge en notant le léger reflet dans la robe du vin.
- Alors triquons à l’avenir de la Loge de Venise, l’invita-t-elle en s’asseyant à nouveau.
- A la Griffe Noire, répondit José Ribeiro en portant le vers à ses lèvres.

* * * * *

La bouteille de vin des dracs était finie depuis peu et l’âtre commençait à décliner, lorsque le Comte décida de prendre congé de son hôtesse.
- Il me vient une dernière question, dit en Comte en ajustant sa cape. Le soir de l’ouverture du carnaval…
- Le soir où nous devions nous rencontrer, le coupa l’Intrigante d’une voie douce.
- Celui-là même. Je me suis laissé dire que le Palais du Doge avait été l’objet d’une intrusion de plusieurs « criminels », ce qui a donné lieu à l’évacuation du palais ; et certainement au report de notre entrevue.
- Certainement, lui sourie l’Intrigante attendant la suite.
- Aviez vous un Conseil ce même soir, dans ce même lieu ?
- Effectivement, lui répondit l’Intrigante sur le même ton.
- Et vous n’avez pas été « perturbé » par cette intrusion ?
- Aucunement Monsieur le Comte, dit elle en soutenant son regard.
- J’en suis heureux Madame, conclu le Comte avec une courbette avant d’enfiler son masque. Je vous souhaite une douce nuit Madame, et à bientôt pour une audience avec le Conseil.
- A très bientôt, et que la nuit vous garde, termina l’Intrigante alors que le Comte sortait.
Une fois seule, son visage perdit son air doux et fragile pour redevenir sévère. Sans hâte, elle se rendit à la fenêtre, guettant le départ de son visiteur. Quelques minutes plus tard, elle le vit sortir sur la place et disparaître dans la foule… accompagnée de deux gardes du corps.
- J’espérais vous tenir à l’écart afin que vous n’en appreniez pas trop, trop vite. Mais je vois que vous en savez déjà beaucoup, et sur des choses qui ne me plaisent guère, murmura elle. Je sais que vous êtes le pion de l’Ambitieux, voyons voir où ce jeu va nous conduire.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:01 #6666

Des éclats de rires et des chants divers résonnaient dans la nuit non loin des fenêtres de l’auberge où séjournaient les Lames. A la lumière de bougies, Talber et Charlotte débattaient de manière passionnée à voix basse.
- Je comprend bien que la menace que représente se fragment de masque Talber, l’assura Charlotte ; mais c’est également une chance de mettre la main sur un Archéen et peut-être de le réduire à néant.
- C’est de la folie Charlotte, protesta Talber en secouant la tête, les Archéens sont des monstres à la puissance titanesque. Même les Louves peineraient à en arrêter un.
- Elles ont pourtant réussi à un détruire un à Paris, et une Louve seule semble t’il !
- Tu n’y étais pas. De nombreuses Louves de Saint Georges sont tombés juste pour l’empêcher de ravager Paris…
- … Mais c’est bien La Louve Marie Agnès de Vaudreuil qui l’a terrassé SEULE ?!
- Oui, mais Sœur Marie Agnès n’est pas n’importe qu’elle Louve !!!
- Oui je sais c’était une Lame, comme nous, avant d’être Louve. Tu me l’as déjà dit !
- Ce n’est pas ça qui lui a permis de vaincre l’Archéen. Elle a « des pouvoirs » différents des autres Louves ; bien plus puissants.
- Et bien c’est parfait, elle pourra les utiliser pour retrouver et terrasser cet Archéen avant qu’il ne se réveille.
- J’aimerai bien être aussi optimiste que toi, souffla Talber, mais je ne peux m’empêcher d’être inquiète lorsque ces fragments sont présents.
- Tu ne vas pas me faire croire que tu es d’accord avec les balivernes d’Arnaut sur le faire que l’Archéen « nous écoute », dit elle sur le ton de la plaisanterie.
- Non bien sûr, encore que personne ne peut vraiment être sûr. C’est juste que cet esprit millénaire qui peut interagir via cet objet maléfique et certainement l’un des plus sombres aspects des dragons qu’il m’ai été donné de voir. Et savoir que tu le portes m’angoisse d’autant plus.
- Le talisman de Blandine me protège, dit elle pour rassurer son compagnon d’arme et un peu elle-même.
- C’est vrai, concéda l’ancien Garde Noir. Il faudra qu’ailleurs qu’elle m’explique où et comment elle a put obtenir un tel objet. Jusqu’à présent elle a été assez vague là-dessus.
- Les femmes ont droit d’avoir leur jardin secret, lui répondit Charlotte avec espièglerie.
Le maître d’arme ne répondit rien, mais eu un léger sourire. Après tout c’était bien vrai.
- Bon concentrons nous sur le reste, reprit Charlotte. Nous savons que le Conseil des Dix, ou au moins l’Intrigante, veut créer une sphère d’âme.
- Une sphère d’âme est un globe de verre contenant tout ou en partie d’un esprit de dragon, récita presque Talber. On prétend que celui qui détient une sphère d’âme peut prendre le contrôle du dragon auquel elle est liée, et en tirer toutes ses connaissances et sa puissance. Mais cet usage a un prix, et il faut une volonté indomptable pour plier à son bon vouloir un esprit aussi puissant qu’âgé.
- Tout ça c’est bien gentil, le coupa Charlotte, mais comment on se procure une sphère d’âme ?
- Selon moi, on doit la fabriquer. Et un fragment du corps du dragon doit faire le lien. Sans doute le sang !?
- Le sang, le sang, le sang, répéta Charlotte en tournant en rond dans la chambre.
- Peut-être devrons nous nous reposer un peu, proposa Talber. Nous y verrons plus clair demain.
- Je suis pourtant sûre d’avoir déjà faire un lien, l’assura Charlotte. OUI, s’écria t’elle subitement.
- Expliques toi, l’encouragea l’épéiste.
- Nous savons que les pierres de Bohèmes sont faire en verre et que le sang de dragon entre dans la composition pour leur donné un éclat exceptionnel.
- D’où tiens tu cette information, fit Talber surpris.
- Mais de la formule alchimique que l’on a trouvé dans le vitrail de Notre Dame voyons : la formule de Lazlo.
- Maintenant que tu le dis.
- Donc si pour faire une sphère d’âme il faut également un globe de verre fait avec du sang de dragon, c’est presque le même procédé. Du coup comme c’est Lazlo qui a fait les pierres de Bohème pour le Roi de France, il a dut utiliser du sang de dragon. Et comme les pierres de Bohème ont été copiées par Barovier, il y a de forte chance que ce soit également Barovier qui fasse une sphère de verre avec le sang de dragon pour l’Intrigante.
- Mais dans ce cas pourquoi voler les pierres de Bohème, interroge Talber. Edmon et Hubert ont ramener une jarre avec un liquide qui pourrait être du sang de dragon à la fonderie des Baroviers. Si le Conseil à les verriers et le sang, ils peuvent faire une sphère ; quel lien avec Paris ?
- Je ne sais pas, admit Charlotte. Peut être qu’il s’agit du sang du même dragon et qu’il faut le regrouper pour que ça marche ?
- Dans ce cas, ils ont désormais les pierres mais plus la jarre : statut quo.
- Pas sûr. Vu que les Baroviers ont disparus avant notre arrivée, et que la jarre était à la fonderie ; ils ont peut-être déjà fait la sphère et n’ont plus besoin du reste.
- Du coup j’en revient aux pierres de Bohèmes, insista Talber. A quoi servent elles ?
- Au rituel, s’écria à nouveau Charlotte. Peut-être que le sang ne sert qu’à façonner la sphère, mais que les pierres, faites avec le même sang, servent à faire un rituel pour « créer » la sphère d’âme.
- Mais dans ce cas, je te rappelle qu’ils ne les ont pas toutes. Seules deux ont été volées et remplacées. Tu crois que ça suffirait pour un rituel ?
- Je n’en ai pas la moindre idée, seul le maître de magie du Cardinal pourrait peut-être répondre à cette question…
- … mais on a sans doute pas le temps de le prévenir, souffla Talber.
- C’est sûr. Il faut donc se focaliser sur où en est le Conseil dans sa création de sphère d’âme, et si rituel il y a, de quoi ont-ils besoin et où peuvent il le faire ?
- Espérons maintenant que ça morde du côté de ton Espagnol ou du Capitaine Orlando, pour en savoir plus sur les actions du Conseil, conclu Talber.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:02 #6667

La nuit était déjà bien avancée lorsqu’un couple de festivalier rentrait tranquillement le long d’un canal.
- Je persiste à penser que ce n’est pas une bonne idée, rouspéta Blandine.
- Mais elle ne craint rien ainsi et ça lui permet de nous rendre service, tenta de la convaincre Arnaut.
- Ton Annalisa n’est pas faite pour les intrigues et encore moins pour l’espionnage, poursuivi Blandine. Alors quand à se faire passée pour une demoiselle d’honneur se baladant dans le palais du Doge, n’en parlons pas.
- Il n’est pas question de lui demander de s’introduire dans le palais du Doge, corrigea Arnaut. Elle doit juste accompagnée, en qualité de demoiselle d’honneur, l’une des Maries devant se mariée devant le Doge lors de la fête, et en profiter pour identifier quelques convives.
- Tu es bien conscient que tu lui demandes de repérer rien de moins que le Phénicien, un dragon du Conseil des Dix ; ce même Conseil qui a assassiné son précédent petit copain…
- … Ce n’était pas son petit ami, coupa Arnaut. Et repérer le Phénicien est la chose la plus simple car avec la blessure au visage qu’Edmond lui a fait, il sera plus aisé à reconnaître.
- Sauf s’il porte un masque, comme quasiment toute la ville durant le carnaval, ironisa Blandine.
- Pas à une cérémonie de mariage, souffla Arnaut. De toute façon, il faut attendre qu’elle nous dise à quel moment cette fête aura lieu. Habituellement elle clôt le carnaval, mais cette année elle est avancée.
- De toute manière, cette coutume qui veut que l’on marie dix jeunes filles de basse extractions comme des princesses, juste parce que c’est le carnaval, pour moi c’est un peu tordue. Et je ne serai pas surpris que tout ça soit de l’arranger d’avance.
- Et alors, fit Arnaut surpris, tu trouves anormale qu’une roturière puisse vouloir d’un mariage de noble, même arrangé.
- Pour moi une femme devrait pouvoir choisir son mari, fit Blandine avec un léger dédain, et même avoir le choix de ne pas choisir de se marier sans pour autant ne pas avoir de statut.
- Voilà bien une idée de libertine, rit Arnaut. Bientôt tu me parles de la liberté et de l’égalité des femmes. Ce n’est pas pour demain.
- Détrompes toi, mon cher ami, détrompes toi.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:03 #6668

La Lune commençait à descendre vers l’horizon, lorsque l’Intrigante entra dans la chambre du Phénicien. Ce dernier était allongé sur son lit, visiblement très fatigué, mais un sourire courrait sur son visage.
- Tu as l’air bien satisfait, commença t’elle en se présentant à côté du lit. Aurais tu trouver celui que nous cherchons.
- Oui ma chère, dit le dragon en se redressant, regarde la table.
L’Intrigante s’approcha de la table où le tarot du dragon était étalé.
- Tu sais bien que je n’ai pas le don de divination… à moins que. Il y a un mort, c’est bien ça !
- En effet, l’Assassin au masque de verre est mort, annonça le dragon avec délectation.
- Et c’est ça qui te réjouie, coupa sèchement l’Intrigante. Tu sembles assez vite oublier que nous avons eux des visiteurs en plein séance du Conseil.
- Oh non je ne l’oublie pas, ma chère, répondit le dragon en se levant tout en massant les bandages de son visage. Mais le plus beau c’est que tout est lié.
- Epargnes moi ton charabia de médium, siffla t’elle, et vient en au fait. Alors qui ?
- Je ne sais pas qui précisément, mais je sais combien. Ils sont huit, six hommes et deux femmes.
- Tu es en train de me dire que les trois intrus du Conseil ne sont pas seuls, s’étrangla t’elle.
- Non en effet. Mais le plus beau c’est qu’ils sont responsables de la mort de l’Assassin.
- Ainsi nous n’avons plus qu’une seule menace a affrontée désormais. Mais comment savoir à qui nous avons affaire.
- Ca je ne sais pas, reprit le Phénicien avec détachement, mais je peux encore chercher.
- Non, il suffit pour ce soir. Repose toi, il faut que tu sois au mieux de ta forme pour le rituel. Je l’ai fais avancé, car l’envoyé de Madrid a déjà trop de soupçons. Dans quelques jours tout au plus, tout sera régler.
- Fort bien, dans ce cas Buona Notte.
- Bonne nuit également cher Phénicien, dit elle en sortant.
Resté seul, le Phénicien arborait un large sourire et murmura :
« Je vais prendre très bientôt ma revanche sur vous Lames du Cardinal. Vous avez eu l’impudence de venir jusqu’à moi, et cette fois ni l’Intrigante, ni Madrid, ni un quelconque Masque de Verre ne m’empêchera de vous tuer tout les huit. Je n’ai juste qu’à attendre, car vous viendrez. »
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Dernière édition: le 18 Novembre 2015 à 11:48 par Olivier THORET.
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Re:Les Lames du Cardinal le 14 Novembre 2015 à 23:05 #6669

Et voilà chers compagnons de jeu ; j’ai fini ma prose. :)
Bonne lecture d’ici la partie du 27 novembre, pour le final. :woohoo:
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Re:Les Lames du Cardinal le 18 Novembre 2015 à 08:02 #6670

Bonjour Julien, as-tu reçu mon mail.
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Re:Les Lames du Cardinal le 23 Novembre 2015 à 22:31 #6681

Annalisa Pezzaro quittait juste sa chambre lors qu'elle entendit le grincement caractéristique de la porte principale de sa demeure. Descendant l’escalier principal, elle interpella la servante qui venait de refermée l’entrée.
« Ciao Maritta, quelle visite avons-nous de bon matin ? »
- Ciao mia Signora, j’espère ne pas vous avoir réveillée avec le grincement du portail, répondit la jeune servante en s’inclinant.
- Mais non ma petite, la rassura la maîtresse de maison. De quoi s’agit-il ?
- Di Mitrio, le bijoutier du quartier des arts, est venu apporter un colis ce matin.
- Et bien, vas l’apporter à son destinataire, veux-tu ?
- C’est-à-dire mia Signora, reprit-elle avec hésitation. C’est pour vous.
Annalisa fut réellement surprise en prenant la boite en bois que sa servante lui tendait avant de quitter le hall.
Remontant les marches et regagnant sa chambre, Annalisa se demandait autant quel pouvait être le contenu que l’auteur de ce cadeau. Posant la belle boite en bois sur la petite table près de la fenêtre, elle l’ouvrit.
Si recevoir un cadeau de bon matin l’avait surprise ; en découvrir le contenu la laissa sans voix : Un superbe collier en or orné d’un magnifique rubis trônait dans son écrin de velours.
Avec un mélange de délicatesse et de fébrilité, elle sorti le collier et le para. Malgré son reflet dans le miroir, elle ne réalisait pas se qui lui arrivait. Et même si elle avait déjà vu, et portée, plus gros et plus beau bijou ; jamais elle n’en avait reçu de tel en cadeau.
Abasourdit, elle réalisa au bout quelques instants qu’un petit mot accompagnait le présent. S’en saisissant, elle l’ouvrir avec la fougue d’une adolescente, avant de le lire devant la fenêtre. Si le texte fut simple, il n’en demeura pas moins chargé d’émotion ; et c’est avec le sourire aux lèvres qu’Annalisa termina sa lecture avant de serrer le document sur son cœur.
« Un grand merci Monsieur Frommentin, dit elle à voix basse en rangeant précieusement le bijou et sa missive. ».
Elle fut alors tiré lorsque quelqu’un vint frapper à sa porte.
- Qu’y a-t-il, demanda la maîtresse de maison.
- Pardonnez moi, mia Signora, mais un courrier vient d’arrivé pour vous du palais du Doge, répondit une servante.
- Fort bien, il doit s’agir de notre invitation pour la fête des Maries. Merci de la laisser en évidence sur mon bureau.
- Bien mia Signora, fit la servante avant de s’éloigner d’un pas alerte.
Annalisa tourna à nouveau son regard vers la boite contenant le cadeau d’un homme qu’elle avait rencontrée dans de bien tristes circonstances, mais qui lui témoignait depuis ce jour un grand respect et une sincère attention.
Il était sans doute tant de le connaître d’avantage.
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Dernière édition: le 29 Novembre 2015 à 12:42 par Julien COLLIGNON.
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Re:Les Lames du Cardinal le 29 Novembre 2015 à 21:31 #6688

Les ruines byzantines de l’île San Lazzaro résonnaient de bruits de combat lorsqu’une vague vint recouvrir le parvis d’eau de mer ; l’aqua alta était à son apogée.
Indifférent aux eaux qui s’installaient, le Phénicien, sous forme draconique, combattait sans relâche les dernières Lames encore vaillantes.
Arnaut, grièvement blessé à la poitrine, se tenait entre le dragon et les tables de sacrifices où Blandine, aidée d’Annalisa, libérait les malheureuses. Antoine et Edmond tentaient des attaques coordonnées sur le monstre, mais ne parvenait qu’à lui faire des estafilades tant sa masse et des écailles le protégeait des coups. Quand à Hubert, il tenait en respect les derniers gardes dalmates encore en vie.
Malgré ses blessures, la rage du dragon semblait lui donner une vigueur sans cesse renouvelée ; et la puissance de sa forme draconique donnait à ses coups de griffes et de queue un effet dévastateur sur tout ce qu’il touchait.
Abattant une griffe sur Edmond, il l’obligea à la bloquer de sa rapière et le poussa contre une table de pierre. La force du coup était telle que le Chevalier devait soutenir son arme a deux mains, et se retrouvait incapable de se dégager, coincer entre la table et la poigne du monstre.
- Je vais te faire la même balafre que m’a infligé, menaça le dragon en levant son autre griffe en l’air.
- Si tu veux des balafres, je vais t’en donner, cria alors Arnaut en se jetant avec rage sur le dragon lui tournant le dos.
Mais il fut balayer par un large coup de queue, qui l’envoya à terre et lui arracha son arme.
- Attend ton tour, lui cracha le dragon avec dédain sans quitter Edmond des yeux.
La griffe s’abattit alors sur le Chevalier d’Alès, mais ne parvient jamais jusqu’à son visage.
Le Phénicien poussa un hurlement de douleur en se dégageant, la paume de sa deuxième griffe transpercée de part en part par la lame d’Antoine.
- Si tu n’as pas la force de transpercer ton adversaire, commença le médecin avec flegme, laisses ton adversaire se transpercer.
A nouveau libre de ses mouvements, Edmond exécuta une série de passes qui repoussèrent encore un peu plus le dragon furieux.
Le dragon ensanglanté faisait face à un Edmond essoufflé mais déterminé tandis qu’Antoine qui cherchait à contourner ennemi en restant à distance. L’ambiance était électrique, et chacun savait que le prochain assaut serait certainement le dernier.
- Les filles sont en sûreté, lança alors Blandine en revenant sur le parvis après avoir libéré et évacué les prisonnières.
Cette tirade déclencha alors la charge enragée du Phénicien sur Edmond qui se mit en garde pour encaisser la charge furieuse. Mais l’impact n’eut jamais lieu, et le Phénicien se figea dans l’élan avant de s’écrouler mollement au sol.
La stupeur saisit tout les combattants, Lames et dalmates, qui se tournèrent tous vers le bassin d’où avait retenti une détonation ; Arnaut, assit contre la table de pierre avec Annalisa à ses côtés, tenait à bout de bras un pistolet fumant.
- Pour Humbert et la France, déclara le marchand picard.

* * * * *

Charlotte a bout de souffle s’enfonçait dans la végétation. Elle sentait que l’Intriguante n’était pas loin. Sa disparition dans un nuage de fumée, jusque quand son garde du corps avait péri sous les coups d’Edmond, n’était pour elle qu’une diversion ; la lettrée était persuadée qu’elle n’avait pas pu allée loin. Son intuition se vérifia lorsqu’elle trouva le masque de l’Intriguante au pied d’un arbre à une cinquantaine de mètres des ruines. Se penchant pour le ramasser, elle évita de justesse la lame d’ombre d’un des spectres qui l’attendait. Faisant face aux deux adversaires sans substance, elle se mit en garde dos à un arbre. Si ses adversaires vaporeux ne parvenaient pas à percer sa défense, elle se sentait faiblir un peu plus à chaque assaut. Subitement les ombres furent comme figées par un bref sifflement de l’air, et Charlotte vit apparaître Talber derrière les ombres disparaissant. Ce dernier, voyant la fragilité de la jeune femme, vint la soutenir pour l’aider à s’asseoir.
- Pas le temps de souffler, protesta Charlotte en s’appuyant sur son compagnon d’arme, il faut trouver l’Intriguante.
- Comment ça, interrogea Talber à ajustant sa prise pour l’aider à marcher, elle est là !?
- Oui, elle a réussi à fuir le combat, expliqua-t-elle, et je suis sûr qu’elle s’est échappée par ici.
Tout deux partir en direction de la côte.

* * * * *

Lassé d’attendre ses compagnons, Roland avait amorcé un tour de l’île avec sa chaloupe. Arrivant sur la face Sud il notant la présence de multiples esquives qui rejoignaient Venise en désordre ; mais son regard fut surtout attiré par une silhouette qui filait vers l’Est. Si la forme pouvait être un navire léger, le fait de naviguer sans le moindre éclairage et à bonne vitesse démontrait que l’équipage devaient avoir une excellente connaissance de ces eaux. Ne pouvant espérer les suivre, Roland se dit qu’il était souhaitable qu’il accoste et se mettent à la recherche de ses compagnons.

* * * * *

- Où est-elle, pesta Charlotte en quittant la végétation pour arrivée sur l’extrémité d’une plage. Elle doit forcément être arrivée ici.
- Si j’en crois ses traces, observa Talber, tu as sûrement raison. Mais elle a dut quitter l’île par la mer.
- Et on n’est pas prêt de la rattraper, déclara Roland en apparaissant alors le long de la côte.
- Pourquoi ça, demanda Charlotte plus surprise de son propos que de le trouver ici.
- Et bien j’ai vu un navire léger partir à vive allure vers l’Est, commença Roland.
- Et alors, le coupa Charlotte, on a fait fuir une foule de cérémonistes qui ont dut quitter l’île en bateau. Pourquoi penses tu avoir vu l’Intriguante ?
- Et bien, ma chère, reprit calmement Roland, quasiment personne peut se permettre de naviguer à pleine vitesse dans ses eaux de nuit sans lumière, sauf … s’il a une bonne motivation, qu’il connaît bien la lagune et qu’il voit dans le noir.
- Et tu penses à qui, interrogea Talber.
- Je crois que notre « ami » Orlando, a la motivation, la connaissance et les dracs pour faire tout ça. De plus, il est certain qu’il a déposé le Phénicien et l’Intriguante ce soir, compte tenu de son « message ». Pourquoi ne l’aurait il pas aidé à rejoindre Venise ?!
D’un signe de la tête Charlotte acquiesça, mais le regard qu’elle jeta au large en disait long sur sa frustration. Au bout d’une longue minute, elle se fit une raison et se tourna alors vers ses compagnons.
- Qu’est ce que vous avez fait tout ce temps, demanda t’elle. On aurait eu bien besoin de vos épées dans les ruines.
- Nous sommes resté quelques temps au monastère, commença Roland.
- Et on a découvert des choses intéressantes, poursuivi Talber.
- C'est-à-dire, insista Charlotte.
- On a retrouvé Fabrizzio Barovier, répondirent les deux hommes, le père d’Angelo et le créateur de la sphère d’âme et des copies des pierres de Bohème.
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Les Lames du Cardinal le 08 Décembre 2015 à 21:23 #6714

Les impuretés du sang
Acte 2

10 février 1643
Voilà seulement quelques jours que les lames sont rentrées de Venise. Usées par le combat, par les défaites et les pertes, rongées par des souvenirs amères, mais victorieuses tout de même. Il a fallu le voyage pour les achever. La saison pluvieuse avait laissé place à un réchauffement d'abord heureux, mais qui avait apporté son lot de misère et d'infections. La miséricorde semblait avoir quitté le royaume de France et la Ranse allait certainement s'étendre parmi les plus pauvres.

Arnaud de Laincourt avait laissé chacun vaquer à ses occupations, à moins que ce ne soit le Cardinal Mazarin ou Rochefort qui n'aient réussi à trouver de raison de les faire courir par mont et par vaux. Malgré ce répis, leurs plaies et leurs âmes ne semblaient pas récupérer des derniers évènements. Certaines des lames vivaient des nuits hantées de cauchemars où les proches disparus refaisaient une visite. D'autres espéraient une idylle ou une rencontre heureuse pour leur ouvrir les clés de l'esprit ou du cœur. Mais rien dans Paris ne parvenait à surpasser l'odeur d'urine et de fumier que la boue des rues de Paris laissait transpirer depuis le dégel matinal. Pour ce qui était d'Augustin, il n'était toujours pas revenu de la mission à laquelle le Cardinal l'avait affecté.

12 février 1643
Des ombres bougeaient dans le Royaume de France, Quelque part en Normandie. Sous une pluie battante, un homme s'était glissé à l'entrée d'une ancienne ferme. Ne se cachant plus de la femme qu'il suivait depuis des jours, il marqua un temps d’arrêt et écarta les pans de sa capeline pour signifier qu'il n'avait pas d'intention belliqueuse. D'un bref mouvement de la main vers le bord de son chapeau il la salua. Celle-ci sembla comprendre l'inutilité d'un combat et rengaina sa rapière avant de rajuster ses hautes chausses de cavalière. La pluie dégoulinait sur elle et le vent plaquait sa cape huilée sur sa silhouette.
Un peu plus tard, à l'abri dans le large âtre de la ferme en ruine, les deux ombres observèrent le temps changer. Le vent s'était levé et avait chassé les nuages noirs. Une longue discussion avait été engagée en attendant qu'une trouée se fasse. Finalement, les nuages laissèrent un bref rayon du soleil passer. Il caressa le pommeau de draconite de la rapière de la jeune femme. Celui-ci figurait la tête d'un dragon dont les noirs reflets rappelaient l'ombre du Mont St Michel qui se découpait au nord à l'horizon.
Après avoir lâché une quinte de toux, le visage marqué par la fatigue, l'homme prit la parole. "Il serait peut-être temps de faire confiance à quelqu'un. Si comme vous le pensez les Arcanes sont en jeu, et comme vous le suggérez nous avons défilé la pelote de la tisserande, il est temps de trouver de quoi affronter ce qui se cache derrière le miroir."
La femme répondit " Beaucoup de sang a coulé et devra certainement encore couler. Si cela est nécessaire, je suis prête à tout pour y parvenir. Sachez que le jeu qui se joue vous dépasse!"
"Laissez moi juger par moi même. Pour ce qui est du sang, je m'occupe de trouver ce qu-l faut : qui, quoi, où et comment. Je sais y faire avec mes proies. Après tout si on a recours à moi, c'est bien souvent pour ce talent. Pour le moment la route est longue et il nous faut trouver des montures ..."

14 février 1643
La pluie s'est abattue toute la nuit durant, transformant les toits de l'Hôtel de Chevry en tambour et sa cour en une caisse de résonance infernale. Le levé se fit tardif et lourd du sommeil manquant de la nuit. Au moins les pluies avaient-elles nettoyé les rues, au grand damne des mariniers de la Seine qui avaient vu le fleuve se transformer en lit de boues immondes.
Dans les rues le commerce avait repris malgré la fraîcheur. Le froid pénétrait la chair à cause de l'humidité qui avait imprégné les murs de la cité. Des préparatifs étaient en cours, Gaston d'Orléans souhaiterai faire amende honorable auprès de son frère le roi. Il préparerait un repas et des festivités en son honneur. La nouvelle devait préoccuper le Cardinal et Rochefort car ils auraient quitté le palais de son éminence pour rejoindre la cour. D'ailleurs Arnaud de Laincourt n'avait lui non plus sorti le nez de son bureau.
Cette froide journée semblait s'éterniser, tout le monde courait en tout sens dans les rues de Paris. Au moins apportait-elle un véritable repos à ceux qui avaient pris la précaution de rester auprès du feu. L'heure du souper n'avait rien apporté de plus. Même Maréchal, le familier de Laincourt, avait préféré se cacher sous ses ailes élimées près du feu de la salle commune. Dans la nuit, bien après minuit, deux cavaliers passaient les portes e la cité continuaient à cheval dans les rues. Suivant un chemin sinueux, abandonnant leurs montures à l'écart d'un point de contrôle du guet, ils atteignirent
la porte de la rue de l'hôtel de Chevry. Celle-ci avait discrètement grincé et les deux cavaliers avaient pénétré dans la cour de Chevry.

15 février 1643
La vie avait repris avant l'aube dans les rues de Paris. Une langueur s'était peu à peu installée et le peuple semblait aller lentement à son ouvrage, comme désorienté et fiévreux. Le ciel gris était bas, presque brumeux. L'ai se faisait difficile à respirer, chargé de l'humidité froide et des odeurs des rues qui revenaient. Ce n'est qu'en fin de journée que Laincourt vous convoqua dans la salle commune fermée à huis clos pour l'occasion ...

Et si les Lames du Cardinal se préparaient pour ce mois de Janvier à repartir à l'aventure ? Les résolutions de la nouvelle année viennent parfois des complots draconiques.

Alors chers joueurs, une date vous sierait ?
  • Florent MARQUET
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Re:Les Lames du Cardinal le 08 Décembre 2015 à 21:31 #6715

Chers joueurs et joueuses,
Vous ne manquerez pas de noter le post de mon éminent confrère MJ Florent.
Il nous mitonne une sombre histoire pour janvier, et nous n'avons qu'à bien nous tenir.

D'ici là, je poursuis ma série de post relatant vos aventures de votre combat épique sur l'île San Lazzaro au large de Venise jusqu'à votre retour à Paris.

Les habitués des échanges hors jeu peuvent d'hors et déjà commencés à m'écrire les actions, envies, souhaits, ... de leur personnage une fois rentré à la capitale.

Chronologiquement, le scénario de Florent devrait reprendre autour de mi février 1643; ce qui laisse à chacun quelques jours libres une fois le retour à Paris.

Bonne lecture, bonne écriture et bon décembre.
  • Julien COLLIGNON
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Re:Les Lames du Cardinal le 08 Décembre 2015 à 21:33 #6716

Le docteur Avag de Sébaste était en train de nourrir le malheureux Fabrizzio Barovier avachit contre un mur, lorsque Blandine et Charlotte pénétrèrent dans les sous-sols du monastère. Elles découvrirent un Avag désemparé et un Fabrizzio en bien piètre état.
- Qui l’a mis dans cet état, demanda Charlotte sans préambule.
- C’est l’Intrigante, répondit Avag nerveux. Elle lui a tout pris, son art, sa vie…
- … mon fils, coupa Fabrizzio d’une voix rauque.
Les deux femmes se regardèrent un instant. Elles étaient venues en apprendre le plus possible sur celui qui semblait avoir créé la sphère d’âme ; mais elles étaient loin de s’imaginer que l’auteur était un homme plus mort que vif.
- Qui est votre fils, demanda doucement Blandine en s’agenouillant devant Fabrizzio sur une natte propre.
- Angelo, répondit le maître verrier avec difficulté.
- Le Masque de Verre, souffla Charlotte en entendant le prénom.
- Monsieur, commença Blandine presque solennelle, je crains que votre fils ne soit mort.
- Le masque, le masque, répéta alors Fabrizzio nerveusement.
- Le masque a été détruit, intervient Charlotte. Pourquoi vous souciez vous de ce masque ?
- Il était le Mal incarné, répondit Fabrizzio aussi soulagé d’apprendre la destruction de l’objet que de boire une gorgée d’eau.
- Pouvez-vous nous expliquer, demanda Charlotte avec insistance.
- L’Intrigante m’a demandé de fondre un globe de verre parfait, commença le maître verrier, avec un composant particulier… Un liquide étrange…
- Le sang d’un dragon, coupa Charlotte.
- Oui, acquiesça le prisonnier. A ce moment-là, je ne connaissais pas la nature du liquide. J’ai commencé le travail en recourant à mon savoir faire et l’artefact de ma famille.
- La canne de souffleur en os de dragon, compléta Blandine.
- C’est exact, reprit le vénitien entre deux quittes de toux. Connaissant le pouvoir mais également la malédiction de cet objet, je veillais à l’utiliser avec parcimonie.
- Mais pas votre fils, devina Charlotte. Il a développé la Ranse en l’utilisant trop souvent.
- Vous semblez déjà tout savoir, poursuivit Fabrizzio. Toujours est-il que lorsque mon fils travaillait sur la sphère avec le sang, sa maladie semblait se résorber. Mais peu à peu, il commença à manifester un comportement étrange.
- Comme possédé, rebondit Charlotte.
- Effectivement, approuva l’artisan. Angelo devenait de plus en plus « sauvage », comme habité par un esprit malin ; et il finit par fuir avec l’amphore de sang de l’Archéen.
- Pour créer un masque de verre le liant à l’esprit de l’Archéen, déduit Charlotte.
- L’Intrigante était furieuse de la perte de l’amphore, poursuivit Fabrizzio, mais elle a réussi à se procurer du sang de l’Archéen d’une autre manière pour que je termine le travail.
- Mais comment-a-t-elle su où trouver du sang de cet Archéen, demanda Charlotte.
- C’est moi qui le lui ai dit, coupa Avag.
Tous se tournèrent vers le médecin de l’île des Ransés, attendant que l’homme, visiblement inquiet, s’explique.
- Lazlo et moi faisions partie de la Fraternité du Crépuscule doré, commença t’il. Nous l’avons fuit en emportant chacun une amphore d’un liquide sacré.
- Du sang d’Archéen. Un liquide sacré ! s’étouffa presque Blandine.
- Oui, poursuivit le médecin, beaucoup au sein de la Fraternité pensait pouvoir atteindre la Sapience en utilisant du sang de Grand Dragon.
- Par utiliser, vous voulez dire quoi, questionna Charlotte inquiète.
- S’en recouvrir, se l’injecter voir même le boire, expliqua Avag. Toute expérience était bonne si elle permettait d’atteindre la puissance et le pouvoir des Anciens Dragons. Mais pour Lazlo et moi, plus scientifique qu’occultiste, cela n’avait plus de sens et nous avons fuit.
- Lazlo est réussi à échapper à la Fraternité à l’Ouest et est devenu alchimiste verrier à Paris, reprit le médecin en aidant Fabrizzio à boire. Il créa avec Monsieur Linart Gonthier les Pierres de Bohème. Quant à moi je suis venu à Venise et j’ai négocié ma protection par le Conseil des Dix avec mon amphore de sang de dragon. L’Intrigante m’a ainsi offert un poste de médecin sous la protection du Doge, et avec le temps je me suis intéressé au sort des Ransés que j’étudie et soigne sur cette île.
- Ca n’explique pas pourquoi Monsieur Barovier est prisonnier sur cette île, fit alors remarquer Charlotte.
- Quelques temps après le vol de l’amphore, reprit Fabrizzio, mon fils est revenu à la fonderie avec son masque. J’ai tout de suite vu l’aura maléfique de l’objet et son influence sur mon fils. Cette « force » attendait de moi que je détruise la sphère ; mais au lieu de lui obéir, j’ai fuis pour prévenir l’Intrigante. Elle a cru que je voulais mettre un terme au projet avec la complicité de mon fils, et m’a fait enfermer sur l’île jusqu’à ce que la sphère soit terminée.
- Ça n’explique pas vos blessures, interrogea Blandine.
- Depuis un peu moins d’une semaine, expliqua le maître artisan, de nombreux obstacles sont venus perturbés son projet de créé une sphère d’âme ; et elle a choisit de se servir de moi comme souffre douleur.
- Et ben maintenant vous pouvez être tranquille, déclara Blandine en se redressant, son projet a définitivement échoué. Vous n’avez plus qu’à quitter Venise pour changer de vie, et oublier tout ça. Où comptez-vous aller ?
- A Rome, répondit simplement le maître verrier
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